
Étape 5
Chevalet C.C. Olsommer
Commentaire d’oeuvre
Je viens de faire une promenade par les prés nocturnes, dans l’air humide et froid qui sent la neige, loin du village endormi dans les arbres […] Seules quelques branches basses que je frôle en passant, me parlent, comme de vieilles personnes figées dans le secret. Des branches pleines de passé, pleines d’âme douloureuse, tourmentée, cristallisée ; des branches qui ont la forme expressive de mon Rêve ! Et tout l’arbre semble écouter, quand je leur confie mon âme qui leur ressemble tant.
Charles Clos Olsommer, Carnets intimes (extrait), 1928, Musée Olsommer, Veyras
Ci-dessus : C.C. Olsommer, Flûtiste aux oiseaux bleus, années 30, sépia et aquarelle, Musée Olsommer, Veyras
Ci-contre : Olsommer près des pyramides d’Euseigne en Valais, années 20, Musée Olsommer, Veyras
Il faut entrer dans ces curieux « Paysages d’imagination » qui sont l’autre face du talent du peintre. […] Voici des voiles d’abstrait, d’abstrait par le rêve. Les arcs-en-ciel brouillés dans les flaques d’eau que nous remarquions, enfant, le peintre les retrouve. C’est sa petite magie.
Maurice Chappaz, « C.C. Olsommer le conteur »,dans : Treize étoiles, 1967, 11, p. 56-57
Jeu de piste
En validant cette étape, tu obtiendras une des 16 parties du tableau final qui te permettra de participer au tirage au sort !
La nature transfigurée
À la Chaux-de-Fonds, puis à Munich, Olsommer se forme aux nuances de l’Art nouveau. Il apprend le dessin d’observation directe de la nature, puis la stylisation des formes pour en accroître l’efficacité décorative.
Après ses années d’études, même s’il croque des vues du Valais, c’est moins le rendu réaliste de la nature qui intéresse l’artiste que sa portée symbolique, à forte coloration mystique. Les paysages dépouillés de la région font écho à son goût pour l’ascèse, dans une pénétration réciproque. En 1912, il écrit : « Il émane de ce pays un grand charme d’austérité, une grande âme de force, d’amertume et d’harmonieuse rudesse. Tout y est fort, plein de sève, amer et royal. »